par Frédéric Morinet *

 

Trois signalisations cellulaires, mettant en jeu les interférons de type I (α et β), de type II (γ) et de type III (λ), permettent le contrôle de la plupart des infections virales.

Deux articles récents dans Science (1, 2) suggèrent que l’interféron λ contrôle l’infection par les Norovirus murins. Le récepteur à l’interféron λ est exprimé notamment sur les cellules épithéliales du petit et gros intestin.

Nice et collaborateurs (1) ont utilisé une approche génétique pour mettre en évidence que l’excrétion virale était augmentée de manière significative chez les souris KO pour le récepteur de l’interféron λ, mais restait inchangée chez les souris déficientes pour le récepteur de l’interféron αβ. Un fait intrigant est que les souris sauvages ont une infection persistante à Norovirus. Pour expliquer ce dilemme, Baldridge et collaborateurs ont montré que le traitement antibiotique associant vancomycine, néomycine, ampicilline et métronidazole chez des souris C57/BL/6J, pendant deux semaines, supprimait l’infection persistante à Norovirus ; la restauration du microbiote intestinal par un transplantant fécal provenant de souris sauvages entraînant de nouveau la réplication virale. Les souris traitées par antibiotiques, mais KO pour le récepteur de l’interféron λ, sont incapables d’enrayer l’infection persistante à Norovirus.

Ces deux études suggèrent que l’interféron λ est requis pour juguler l’infection persistante à Norovirus chez la souris, mais que son efficacité est diminuée en présence du microbiote. Autrement dit, devant une gastroentérite humaine à Norovirus, faut-il utiliser les antibiotiques en première intention ?

Références

(1) Nice TJ, Baldridge MT, McCune BT, Norman JM, Lazear HM, Artyomov M et al. Interferon-λ cures persistent murine norovirus infection in the absence of adaptive immunity. Science 2015 ; 347 (6219) : 269-73.

(2) Baldridge MT, Nice TJ, McCune BT, Yokoyama CC, Kambal A, Wheadon M et al. Commensal microbes and interferon-λ determine persistence of enteric murine norovirus infection. Science 2015 ; 347 (6219) : 266-9.

* Hôpital Saint-Louis-Université Denis Diderot Paris 7.