par Jean-Marc CAVAILLON

 

Résumé

Le sepsis demeure un problème de santé publique contemporain. Aux XVIIIe et XIXe siècles, de nombreuses femmes décédaient de fièvre puerpérale dont la contagiosité fut abordée par d’éminents obstétriciens tels qu’Alexander Gordon en Écosse, ou Oliver Holmes aux États-Unis d’Amérique. En 1857, Ignaz Semmelweis démontra avec brio que la fièvre puerpérale était convoyée par les mains des étudiants en médecine après avoir pratiqué des autopsies. L’hygiène fut alors préconisée comme un facteur important dans la prévention de la septicémie. Florence Nightingale défendit également cette opinion. L’idée que les miasmes étaient à l’origine de la maladie prévalut jusqu’au milieu du XIXe siècle, lorsque deux médecins français de Strasbourg, Victor Feltz et Léon Coze, signalèrent la présence de bactéries mortelles dans le sang de leurs patientes décédées de fièvre puerpérale. Dix ans plus tard, Louis Pasteur fit la même observation. Les patients masculins pouvaient également mourir de septicémie, terme proposé par Pierre Piorry en 1837 : par exemple des combattants blessés sur les champs de bataille, amenés à l’hôpital pouvaient mourir d’une fièvre hospitalière, consécutive à une infection nosocomiale. Alexandre François Ollivier démontra sur lui-même la contagiosité de cette maladie. James Young Simpson et Armand Trousseau furent les premiers à considérer que la fièvre puerpérale et la fièvre hospitalière étaient des processus similaires. Grâce aux travaux de Pasteur sur la théorie des germes, Joseph Lister établit les critères d’une chirurgie aseptique, évitant ainsi à ses patients amputés de mourir de sepsis. Just Lucas-Championnière introduisit en France l’asepsie de Lister, tandis qu’Alphonse Guérin inventait le pansement ouaté.

Mots-clés

Asepsie, bactéries, contagiosité, fièvre puerpérale, fièvre putride, gangrène hospitalière, hygiène, inflammation, sepsis,

 

Lire l'article

Revue de Biologie Médicale n°390 - Mai-Juin  2026