Revue de Biologie Médicale n°392 - Septembre-Octobre 2026
 
 

 

Résumé

Les laboratoires de biologie médicale font figurer, sur les comptes rendus de résultats d’hémocultures positives, le délai de positivité, paramètre de l’automate qui chronomètre le temps depuis l’insertion du flacon dans l’incubateur jusqu’à sa positivité. Dénommé TTP dans la littérature (Time To Positivity), ce délai varie en raison inverse de l’intensité de la bactériémie. Ce reflet du flux bactériémique a conduit à l’établissement de valeurs seuils pour tenter de préjuger les bactéries en cause après examen microscopique du bouillon de culture, distinguer les staphylocoques contaminants et infectants, adapter des stratégies thérapeutiques, documenter la porte d’entrée d’une bactériémie, évaluer le pronostic des patients, présager l’efficacité d’un traitement antibiotique, et enfin prédire ou écarter l’infection d’un cathéter sans requérir son ablation. Mais la prudence s’impose. D’une part, le TTP varie en fonction de la logistique locale de l’analyse : le délai d’insertion du flacon, la nature de l’incubateur et du flacon, sont autant de facteurs pouvant retentir sur sa valeur. D’autre part, les seuils décisionnels établis à l’issue d’études ne précisent pas suffisamment ces conditions pré-analytiques, reposent sur des sous-populations de malades non représentatives ou mélangent des données provenant de malades et de logistiques différents. En l’état, les seuils décisionnels ne semblent pas transposables d’une structure à une autre sans une revalidation et une évaluation des performances de la logistique locale. Le TTP reste un paramètre de l’automate qui n’est pas géré comme un résultat de mesure quantitative. La validation, l’interprétation contextuelle et la prestation de conseil doivent tenir compte de ces incertitudes et bien distinguer le TTP des résultats quantitatifs accrédités.

 

Revue de Biologie Médicale n°392 - Septembre-Octobre 2026